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Qui de ROPS ou d’Icap? Les jeux ne sont pas faits

23 sep 2018
Pierre WIAME
L'Avenir
Régions > Basse-Sambre, p2 du 21 sept. 2018

Et le vainqueur aux points est…? Suspense. Rien n’est écrit ou signé. Le leadership devrait se jouer entre les partis en majorité, Icap et ROPS.

Bucoliques et mornes plaines. Une franche ruralité où les élus n’ont pas vraiment l’occasion de s’écorcher autour d’un dossier explosif. Paradoxalement, Mettet n’est pas sans truculentes histoires à raconter. Fait rarissime, la majorité y a quand même explosé en cours de route. En 2012, centristes (Icap) et libéraux avaient reconduit leur alliance au motif implicite qu’on ne change pas une équipe qui gagne, sauf que, en 2017, le MR en est sorti par la petite porte et a tout perdu.

Le calme n’est pas revenu après la tempête. Les bleus venaient d’être foudroyés par le groupe ROPS – (pas clairement PS mais de gauche) – pour avoir fait preuve de légèreté avec la loi sur les marchés publics. La majorité étant devenue impossible, ROPS, seconde force politique, entra en scène. 

Dans ce contexte psychodramatique, quoi de mieux qu’un peu de rancœur, d’émotions fortes, et d’une envie de revanche, pour rendre la campagne pétillante et le verdict des urnes très incertain.

Zoom sur les protagonistes et analyse des forces.

Honneur au premier de la classe, le bourgmestre Yves Delforge, de loin le plus populaire. Chaleureux et, détail frappant, serein.

«Je ne vois pas ce qu’on pourrait nous reprocher. 75% du programme ont été réalisés» explique-t-il simplement. Ce bourgmestre occupe à plein-temps le terrain, et à plein pot. Quand les Diables Rouges font rêver à la Coupe, il mouille la vareuse rouge et trinque avec les supporters en toute décontraction.

Juste derrière lui, le 1er échevin, Robert Joly. Un tout autre style. Le plus éloquent de tous. Celui à qui le MR, en pleine débandade, offrait l’écharpe de bourgmestre, et qu’il a refusée, à la stupéfaction générale, arguant qu’il ne pouvait pas s’allier avec une formation qu’il venait de flinguer et préférant donc un poste plus humble avec Icap. Joly, atypique assumé.

Entre Icap et le MR, c’est sanglant

Le MR n’a toujours pas bien compris la stratégie. «Une erreur historique de renvoyer les centristes dans la minorité» ont dit certains.

Autant Delforge est zen, sur l’air du tout va (presque) bien Madame la Marquise, autant Joly est inquiet pour l’avenir et l’exprime gravement. «Il faut changer les mentalités et mettre à la tête de Mettet des gens responsables, capables de relever les défis et de prendre des décisions courageuses» a-t-il dit lors de la présentation de sa liste. Mais on ne sait pas trop à qui il pense, sinon à sa propre formation.

En troisième position sur le podium, et en embuscade, le libéral Andrea Gagliardi (MR), qui a la hargne de vouloir faire bouger les lignes et flingue à tout va ICAP.

Les réformateurs, qui ont goûté à dix ans de pouvoir et qui en sont sortis dégoûtés, ont affûté leur principal argument de campagne sur le fait que la gestion des centristes est archaïque et tire Mettet vers le bas. Pour Andrea Gagliardi, le parasitage de la bonne gouvernance par le clientélisme n’a que trop duré. Icap, dit-il encore, a des egos déplacés pour ses compétences. Ça vole!

Ce à quoi les centristes répondent que les libéraux ont la mémoire courte. «Ils ont quand même été dix ans à nos côtés (certes en minorité, 3 échevins contre 7) et on les a laissés faire et s’exprimer.»

Ces trois personnalités-là feront la chanson, au soir du 14 octobre.

Mais, pour composer une majorité forte, ils devront négocier. Et il se pourrait, dans l’hypothétique rejet d’Icap dans la minorité (plus personne ne voulant de lui), que ce soit avec Écolo. Pour s’immuniser de cet «enfer», Icap devrait arracher un 9e siège. Là, le signal de l’électeur serait clair: encore…

Les verts ont traversé le désert mais ils en sont sortis combatifs autour d’un leader ayant la carrure de l’enjeu: Philippe Lesne.

Juste derrière, née de la déception de Philippe Lambot, ex-élu ROPS, la liste Oxygène. Forcément plus faible. L’inconnue de son succès à voler un siège à ses anciens camarades ne passionne pas les foules mais rien ne dit qu’elle ne pourrait pas surprendre et offrir l’appoint nécessaire.

Le duel : Quel bourgmestre?

Au soir du 14 octobre, qui va téléphoner à qui?

«Je verrai si j’ai des interlocuteurs. Mais si je téléphone et qu’on ne me répond pas, ce ne sera pas bon signe» analyse froidement le bourgmestre sortant, évidemment candidat, à juste 60 ans, à rester le premier magistrat de la commune.

Robert Joly, le 1er échevin, s’est aussi déclaré candidat bourgmestre, avec la singularité de se placer second sur la liste. «Parce que j’ai l’humilité de mon âge précise-t-il (il a 68 ans), mais si l’électeur m’en donne la possibilité, je prendrai mes responsabilités et je serai bourgmestre à plein temps.»

Ce sera cette fois-çi ou jamais.

C’est le jeu, voilà les deux partenaires de la majorité sortante posés en rivaux. En 2012, à quelque 50 voix près, ROPS était à égalité avec Icap en nombre de sièges (8 chacun). Les deux formations sont a priori en balance pour le leadership.

En 18 mois de nouvelle majorité, ROPS et Icap ont trouvé leurs marques, même si l’avocat Joly exerce dans l’ombre ses compétences de juriste pour faire un sort à des dossiers pourris, pendant que le mayeur sortant fait campagne.

Yves Delforge souhaite bétonner sa majorité: minimum 13 sièges sur 23. Et il est preneur de poursuivre la route avec ROPS et un juriste à ses côtés tel que Joly. La société se judiciarisant, c’est un atout de poids. Les deux hommes se complètent bien.

Si Icap désigne son partenaire de raison, ROPS, lui, brouille les pistes. Icap et ROPS, ce n’est pas blanc bonnet et bonnet blanc.

«Nous gérons différemment la cité. On verra ce que l’électeur aura pensé de notre courte participation au collège. Je n’ai pas d’exclusive, mais j’ai l’intime conviction qu’on sera encore aux affaires.»

Si Robert Joly est candidat bourgmestre, la première sur la liste, Isabelle Doneux, l’est aussi, par la force des choses. Et elle prendra ses responsabilités. Une femme à la tête de Mettet, ce serait historique.

Au MR, il y a 3 candidats bourgmestre: Andrea Gagliardi (qui n’a jamais été échevin) et deux échevins sortants, Arnaud Maquille et Valère Toussaint.

 

Le dossier explosif : Une commune souffrante

C’est de la popote interne mais, si actualité inflammable il y a, le personnel communal en est le sujet. Un récent audit a en effet révélé la triste démotivation de celui-ci. Il y a peu de chances que l’électeur y soit sensible mais le MR, Écolo et ROPS épinglent cette souffrance au travail comme révélatrice que quelque chose ne tourne pas rond. Le MR et Écolo voient dans les résultats de l’audit la preuve éclatante de l’usure du pouvoir et d’une absence de ligne claire (Icap est clairement visé). Elles exhibent ce dysfonctionnement interne pour justifier l’urgence d’un changement de cap.

À Mettet, un autre dossier a mis mal à l’aise les deux majorités: le projet de construction d’un immense hangar de stockage de pommes de terre, à Graux. Le bras de fer entre les riverains et le cultivateur est allé jusqu’au Conseil d’État, qui a suspendu le permis d’urbanisme. D’aucuns veulent y voir que l’agriculture, à Mettet, appelée par l’Europe à devenir industrielle, devient problématique. Le projet de Graux en a fait la flagrante démonstration: cette agriculture est en compétition avec la nécessaire préservation du cadre de vie.

L'Outsider : Le désir secret des bleus

Andréa Gagliardi incarne la 3e force politique. En tandem avec Arnaud Maquille à la dernière place. Ils ont la gagne. Le MR prône une révolution copernicienne. Un big bang. Qu'enfin Mettet soit gérée sérieusement. Le chef d'entreprise Gagliardi a un espoir : que ROPS, ayant la main por réenchanter Mettet à la hauteur des enjeux du siècle, vienne le voir. Le mot d'ordre des bleus : «Tous contre Icap pour changer Mettet.»

Le créatif : Le candidat au livre vert

Damien Floymont, co-fondateur de ROPS. Parcours en dent de scie pour ce quadra plein d’idées. Il claque la porte de ROPS en 2017 mais figure sur la liste (18e place), repêché par Joly, ami et complice pour ses hauteurs de vue. Seul, il a rédigé un Petit manuel de résistance contemporaine: «Demain commence aujourd’hui!» Une suite de 24 mini-récits partant de l’urgence à sauver la planète et ramenée dans le concret de Mettet. Brillant et rare.

Les idées : Un échevin de la transition énergétique?

En cette douce campagne plutôt conservatrice, guère exigeante en fin de compte, que faire pour rendre la vie encore plus belle qu’elle ne l’est? Quelques exemples parmi mille.

Icap veut faire de l’abbaye de Brogne, un gouffre à fric, un phare touristique. Possible? «Seul un bureau d’étude pourra nous éclairer, indique Delforge, quitte à nous dire qu’il ne faut pas y investir 1€.» Icap vient d’avoir une nouvelle idée: le rachat de l’ancienne école libre St-Joseph de Mettet, pour y aménager une salle polyvalente qui accueillerait les artistes du samedi matin, les aînés, le bar à soupes…

ROPS, lui, a un projet fort:

– la création d’un échevinat de la Transition écologique, qui permettrait à Mettet de rejoindre le groupe des 109 Villes en Transition répertoriées en Belgique. En plaçant des panneaux solaires etc.

– mettre fin à cette forme d’implantation anarchique de nouveaux habitats et à une certaine complaisance à l’égard de promoteurs immobiliers.

Robert Joly veut définitivement effacer le chancre de l’ancienne scierie d’Ermeton-sur-Biert. 18 mois ont été trop courts pour faire un sort à un dossier plombé par des années d’errances judiciaires entre l’administration communale et le propriétaire de la scierie.

– On l’a déjà dit, le MR, lui, entend marquer d’un fer bleu l’abolition du favoritisme et du clientélisme. Mettre fin aux désastres et remobiliser les ressources humaines autour d’un fondamental: «En 2012, gérer autrement était l’emblème de ma liste. Six ans plus tard, je me rends compte qu’il ne faut pas gérer autrement mais gérer tout court» explique Gagliardi. Le libéral a l’art du lancer des petites phrases métaphoriques: «Les échevins ROPS, pendant qu’ils sont dans les étables en train de travailler, Icap rigole dans la cour de la ferme autour d’un barbecue.»

– Écolo réclame une vision à long terme. La fin d’une gestion à la petite semaine. Et amener de l’écologie aussi élémentaire que la promotion des circuits courts, la réouverture des sentiers et le recours aux énergies vertes.

– Oxygène met un stop devant les dépenses de prestige et pointe une idée très concrète: mettre un vrai conducteur des travaux à la tête des équipes. Faute de chef, le personnel ouvrier se laisserait un peu trop vivre.

Personne ne veut augmenter les impôts (un IPP à 8%).

Il faudra bien aussi achever la restauration de l’église de Mettet. Un «Titanic» sans âme, bien que sacré, et qu’il faut bien rouvrir pour seulement 25 personnes le dimanche, ce que tout le monde pense sans le dire.

 

TOP SCORE 2012
EN VOIX DE PRÉFÉRENCE

1. Robert JOLY (ROPS)1118

2. Yves DELFORGE (Icap)1050

3. Michel REMY 862

5. Jacques RUTH (Icap)775

4. Arnaud MAQUILLE (MR)723

6. Philippe LAMBOT (ROPS)561

7. Claude BOUSSIFET (MR)560

8. Jules SARTO (MR)459

9. Valère TOUSSAINT (MR)458

10.Isabelle DONEUX (ROPS)443

 

Les rebondissements de la mandature

Le plus spectaculaire Au printemps 2017, le MR, aux affaires depuis 10 ans, est renvoyé dans la minorité. ROPS lui succède. Le 1er échevin Maquille et l’échevin Valère Toussaint sont remis à leur place de conseiller.

Départs et démissions ont particulièrement touché Écolo: élu en 2012, Pierre De Roover a déménagé, démissionné d’office. Nathalie Donnet a préféré le CPAS. Les suivants sur la liste, Gilles Gueulette et Kristien Valette, ont démissionné de plein gré, pour des raisons parfois obscures, et remplacés par Alain Boulanger et Chantal Leroy.

Défection Une défection au sein du groupe MR – trahison disent les bleus – a déclenché le renversement de la majorité Icap-MR. Claude Boussifet, échevin MR, a retourné sa veste et filé en douce chez Icap. Les libéraux, pris de court, ont alors approché ROPS pour former une majorité alternative avec Écolo et Andrea Gagliardi (Gèrer autrement). Le plan a échoué. Dans l’aventure, Claude Boussifet a perdu son écharpe d’échevin, ce qu’il n’avait pas prévu. 

À la veille de la campagne, le bourgmestre Delforge a préféré la candidature de Jean-Benoît Ruth, fils du populaire Jacques, à celle d’un élu sortant, Adrien Lecocq. Vexé, l’élu siège comme indépendant. 

Autre indépendant: Philippe Lambot a quitté ROPS, déçu et amer.

C’était en mars 2017: les deux hommes forts en voix de préférence signaient un pacte de majorité. À moins d’une grosse surprise, l’un des deux sera le prochain bourgmestre de Mettet. ÉdA – Florent Marot

C’était en mars 2017: les deux hommes forts en voix de préférence signaient un pacte de majorité. À moins d’une grosse surprise, l’un des deux sera le prochain bourgmestre de Mettet. ÉdA – Florent Marot

Isabelle Doneux, tête de liste ROPS et candidate bourgmestre. ÉdA – 40625288833

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Une commune souffrante

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