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L’opposition passe au crible les marchés

26 nov 2016
Wendy Auteri
La Nouvelle Gazette
Basse-Sambre, 26 novembre 2016

La conseillère communale Isabelle Doneux (ROPS) qualifie certaines factures de « chèques en blanc »

L’ambiance était au grand déballage lors du conseil communal de Mettet, ce jeudi soir. L’opposition, et plus particulièrement le groupe ROPS, n’y est pas allée de main morte. Munie d’un PowerPoint, Isabelle Doneux, conseillère communale, a passé en revue toute une série de factures et de bons de commande présentant, selon son groupe, des irrégularités. Elle n’a pas hésité à employer à plusieurs reprises le terme de « chèques en blanc » pour qualifier ces documents.

À première vue, l’ordre du jour du conseil communal de Mettet semblait gentillet, ce jeudi. Mais quelques points supplémentaires y ont été ajoutés en urgence par l’opposition. Parmi eux, et suscitant un débat plus qu’animé, le respect des marchés publics au sein de la commune.

«Ces trois dernières semaines, j’ai fait des recherches à l’administration communale. Je me suis intéressée à des factures et bons de commande de 2016 et 2015, et il n’y a pas une seule facture qui soit claire et détaillée comme le veut la loi », déplore Isabelle Doneux (ROPS).

« Les bons de commande ne sont pas détaillés. Cela doit être le cas lorsqu’on dépasse un montant de 750 €. Dans plusieurs cas, les factures ne correspondent pas aux bons de commande. Pire, certains travaux ont été réalisés avant même que l’administration ait envoyé le bon de commande. »

Et ce n’est pas tout. Il semblerait, d’après les trouvailles de la conseillère, que les règles en termes d’attributions de marchés ne soient pas toujours respectées : « C’est toujours le même électricien qui vient travailler. Il n’y a pas de transparence et de concurrence. » Isabelle Doneux semble avoir mis le doigt sur un point sensible. Lors de sa présentation, elle n’a pas hésité à qualifier certaines factures de « chèques en blanc ».

« J’ai peur de chercher car ce sont des personnes que j’apprécie. Plus je cherche et plus je trouve. Honnêtement, je ne pensais pas trouver tout ça. C’est moche, mais c’est mon rôle, je dois le faire. »

À titre d’exemple parmi tous ceux présentés ce jeudi, une facture d’un montant de 1.151,51€ sur laquelle figure la note suivante : « Concerne : Église de Stave à mettre sur le bon de commande de l’église de Biesme ».

Pour le groupe ROPS, c’en est trop. « Je pense que c’est un dysfonctionnement qui est devenu une habitude. Si on découvre autre chose, il faudra en référer à la tutelle », regrette Isabelle Doneux.

La conseillère se réjouit de savoir que la Directrice financière sera prochainement auditionnée lors du conseil du 15 décembre. « Nous allons pouvoir lui poser toutes nos questions. Avec la Directrice générale, elles font un travail remarquable. Et j’espère que toute cette affaire ne mettra pas trop de pression sur l’administration communale au cours du mois prochain. »

Il se dit déjà, de source fiable, que l’ambiance y est très tendue depuis le dernier conseil communal... 

Il répond aux attaques

« Tout cela m’écœure profondément »

Vivement attaqué par l’opposition jeudi soir, Arnaud Maquille (RCMR), échevin du Patrimoine, s’est justifié concernant l’accusation d’abus d’urgence dans certaines interventions et de non-respect des règles dans les attributions de marchés. « Je ne laisse pas tomber les gens dans l’urgence. Je ne laisserai jamais pleuvoir dans un bâtiment pendant des mois. De plus, il est souvent difficile de trouver un entrepreneur le week-end ou en soirée », a-t-il rétorqué.

Arnaud Maquille a très mal pris la présentation faite par le groupe ROPS, PowerPoint à l’appui. «Je trouve scandaleux ce populisme de bas étage qui met en cause tout un service qui fait son travail. Tout cela m’écœure profondément. Je n’ai de leçon à recevoir de personne et je n’ai jamais laissé personne dans l’embarras ! », a-t-il clamé.

Ce à quoi le conseiller de l’opposition Robert Joly s’est empressé de répondre: «Les gens qui ne respectent pas la loi, ils finissent au yoyo. Respecte la loi, on t’a démontré que tu ne le faisais pas. Tu veux qu’on porte plainte ? Tu veux qu’on envoie ça à la Région wallonne ? » Le bourgmestre, Yves Delforge, a conclu ces débats houleux en promettant de mener une enquête sur les éléments «déballés». Il a été décidé que lors du prochain conseil communal, le 15 décembre, la Directrice financière sera convoquée pour s’exprimer à ce sujet. « Nous n’avons rien à cacher, cela se fera en public », a-t-il conclu. 

 

Commentaires

Portrait de De Backer Johan
Soumis par De Backer Johan le

« J’ai peur de chercher car ce sont des personnes que j’apprécie. Plus je cherche et plus je trouve. Honnêtement, je ne pensais pas trouver tout ça. C’est moche, mais c’est mon rôle, je dois le faire. »

C'est le rôle de tout élu .... bien dommage qu'une large majorité ne pense qu'à profiter et presser le citron pendant qu'ils en ont l'occasion !

Portrait de Harald
Soumis par Harald le

Comment s'étonner qu'il y ait des ....disons... dysfonctionnements tels que ceux dénoncés ? La politique signifie corruption ! Et ce, depuis la nuit des temps . La différence est qu'aujourd'hui tout se dit, se dénonce grace, en partie , aux réseaux sociaux, mais aussi parce que le citoyen en a plus que marre marre de mal vivre pour payer ces parasites !!

Portrait de Robert Joly
Soumis par Robert Joly le
Ce commentaire nous contraint à préciser notre position:
  1. En l'état actuel de nos investigations nous n'avons décelé aucune preuve d'enrichissement personnel d'un politicien.
  2. La nécessité d'une intervention pour réparer ou aménager n'est pas contestable en soi.
  3. Ce que nous ne pouvons admettre c'est:

    • Le recours systématique au secteur privé pour assumer des missions qui incombent au personnel communal(des plombs sautent,on appelle un électricien privé) en sorte que légitimement se pose la question de savoir ce que fait le personnel communal ou s'il est insuffisant ?

    • Lors de l'appel à l'intervention du privé le non respect des procédures administratives avec deux conséquences :

      • un coût d'intervention surfait (par défaut de concurrence et de contrôle)

      • le soupçon de collusion pouvant naître tout d'abord chez d'autres fournisseurs jamais requis et ensuite dans l'administration puis une partie de la population.

Les procédures administratives ont justement été conçues, après les "affaires"pour éviter notamment de tels soupçons.

Ce qui nous irrite et nous attriste c'est que le défaut de respect des procédures dévalorise l'engagement politique en ce qu'il permet le soupçon, entraîne le mépris à l'égard de ceux qui font de la politique et débouche sur de tels commentaires.

Or, nous tenons à réaffirmer ici que la politique concerne tout le monde, que la politique n'est souvent pas facile, que la poursuite de l'intérêt général ne constitue pas l'addition de satisfaction de besoins individuels, qu'il faut parfois avoir le courage de dire non, qu'il faut n'y avoir de cesse d'expliquer, de s’efforcer de réunir les citoyens pour faire face aux défis innombrables.

Il ne faut donc pas décourager ceux qui consacrent du temps à cette tâche, il faut plutôt les soutenir et se garder de trouver dans le comportement critiquable d'aucuns, le prétexte de leur tourner le dos.

Il faut éviter cette dérive qui met en danger la démocratie et nos libertés car même si rien n'est parfait, si le sentiment d'inquiétude croît, nous sommes enviés par la majorité du monde.