ROPS | Et si on s'y Mettet tous ensemble !

Et si on s'y Mettet tous ensemble !

Dieu ne peut plus être comptable de leur bonne volonté

23 sep 2017
Pierre Wiame
L'Avenir
Région Basse-Sambre, p1 du 23 septembre 2017

Conseil communal avancé d’une semaine, jeudi soir, au grand dam d’Écolo. Et un point majeur: l’analyse inédite des budgets des fabriques d’église.

Dans quelle commune prend-on la peine d’analyser les dépenses liées à l’exercice du culte? Le collège communal de Mettet l’a fait, conséquence de l’arrivée aux affaires du groupe ROPS et de son chef de file Robert Joly. Ce dernier, juriste, se fatigue depuis le printemps à resserrer les vis, à recadrer, à déterrer des dossiers laissés en déshérence. Il s’abstient aussi de polémiquer sur les erreurs du groupe MR. Mais son action, en ces temps de météo déglinguée, est tout doucement perçue comme relevant d’une «tornade».

Parmi les dossiers «screenés» donc, et sensibles, s’agissant du culte dans une commune plutôt conservatrice, les budgets des fabriques. Quel diable a piqué le 1er échevin Joly? Une alerte lancée par la directrice financière: les frais de fonctionnement de quatre fabriques – (Graux, Biesme, Oret et Maison) – ont augmenté, spécifiquement en ce qui concerne la gestion ordinaire, la comptabilité et le respect de la législation sociale. Ni une ni deux, le 1er échevin monte au créneau et provoque une rencontre avec les fabriques concernées – constructive et même désirée par les fabriciens car ils ont enfin pu faire part de leurs difficultés.»

Que leur arrive-t-elle de fâcheux, à ces fabriques? Elles ne sont plus en capacité de faire face à la complexité de la société, plus pointue juridiquement et fiscalement. C’est du moins la conclusion de Robert Joly, qui a souhaité la partager en toute transparence avec ses collègues du conseil, afin d’en tirer les leçons.

L’enquête du 1er échevin, – un travail considérable dit-il – révèle la nette tendance de certaines fabriques à confier les nombreuses et complexes missions comptables – (paiement des factures, élaboration des budgets, gestion du personnel, paiement des salaires, gestion des legs, entretien des bâtiments en bon père de famille, etc.) – à un professionnel rémunéré. Finie, la gestion artisanale, quoique de bonne volonté.

Une experte de Fosses-la-Ville, spécialisée en ce domaine, consacre donc 2 h 30 par semaine et par fabrique à ces missions. Elle a créé son emploi.

Certains fabriciens remplissent ces missions compliquées bénévolement, s’agissant du culte, de Dieu et d’un peut-être nécessaire dévouement à ses œuvres. (On espère toujours un peu sur terre gagner son paradis). Mais il existe bien une disparité de fonctionnement entre les fabriques qui ne peut plus perdurer car posant un problème éthique. Ceux qui font ça pour rien pourraient-ils faire valoir un droit à être rémunérés? Possible.

Et Robert Joly de regretter qu’on lui fasse le reproche d’avoir pris le temps d’examiner tous ces budgets de fabriques, d’avoir décelé des disparités, «alors que j’aurais pu me contenter de faire comme d’habitude: les passer sans discussion.»

Et aux futurs gestionnaires, au futur collège, il prévient: «Attention, cette tendance à la professionnalisation au sein des fabriques, cet appel à un tiers – (le out-sourcing en termes modernes ) – risque de nous coûter à l’avenir un maximum de 40 000€ de plus par an. Je voulais que votre information soit complète à ce sujet.»

Comme déjà dit, la cause de cet appel à des comptables est motivée par la déconnexion des fabriciens (enseignants, cultivateurs, retraités, etc.) avec la complexité administrative. Certains, pas tous, sont en quelque sorte dépassés car trop âgés. La professionnalisation est inexorable.

«Pour une fois conclut Robert Joly, le conseil communal aura exercé ses pleines prérogatives. Il aurait pu décider de réformer les budgets des fabriques. Ça valait la peine que je vous le dise plutôt que s’exciter…»

Finalement, tous les budgets ont été votés avec attention, fabrique après fabrique, et approuvés. Cohérent, Ecolo s’est abstenu.

Citant Théo Francken, Écolo dérape

L’avancement d’une semaine du conseil communal, au 21 septembre en lieu et place du 28, a fâché, c’est peu dire, l’élue Écolo Kristien Valette.

À l’entame du conseil, celle-ci s’est fendue d’une intervention au picrate. En substance, l’écologiste, vu le délai raccourci d’une semaine, n’a pas eu le temps d’analyser les points de la séance. Son jugement est sans appel: la minorité n’a pas été respectée, c’est scandaleux. Tout ça pour ça? Oui. Pire: Kristien Valette l’a assorti d’un malheureux «dérapage», évoquant la chaude actualité du secrétaire d’état NVA Théo Francken.

Davantage de consternation que de colère se lit sur les bancs de la majorité. Qu’est ce que le cas Francken à avoir là-dedans? Le bourgmestre Yves Delforge, calmement: «Nous avons la tutelle sur les fabriques d’église. Il y a des délais stricts à observer pour approuver ou désapprouver ces budgets. On a consacré un mois de plus à leur examen (une première donc) et décidé, selon la loi, d’exercer un droit de prorogation. C’est, ce 21 septembre, la date ultime pour réformer ou non les budgets. On ne le fait pas de gaieté de cœur ou pour enquiquiner le monde.»

Démontée, Kristien Valette estime que le conseil aurait dû être clairement averti de ce changement lors de la précédente séance, le 31 août.

L’échevin Jacques Ruth, à fleuret tout moucheté, presque sur la pointe des pieds: «Kristien, tu ne trouves pas ton intervention un peu légère?» Non, s’énerve-t-elle, «je ne suis pas du genre à voter dans le vide. Chez Écolo, on aime consulter les dossiers. Maintenant, quoi? Je m’abstiens sur tous les points?»

Le bourgmestre siffle la fin de la récréation: «On ne va pas quand même pas consacrer un débat à cela. On vous a écoutés avec fair-play».

Écolo, pas subtil

Robert Joly, blessé d’avoir été comparé au secrétaire d’état Théo Francken: «On est tellement maladroit chez Écolo (il s’agit en vérité d’ÉcoloJ, les Jeunes écologistes) qu’on met sur Facebook tout ce qui renforce Théo Francken – (le représentant en uniforme de la Wehrmacht). Faut être plus subtil. Je n’accepte pas d’être comparé à ce monsieur.» Joly, jusqu’à jeudi soir, était favorable à Écolo, «entre gens de gauche ayant souci des plus faibles». Kristien Valette estime ne pas avoir comparé et remis en cause le travail du 1er échevin. Mais elle s’est tiré une balle dans le pied.

15 % de plus

Que pèsent les budgets des fabriques dans le budget communal annuel? 185 000€ sur un total de 14 millions d’euros. «Je suis d’obédience chrétienne, mais 15 % d’augmentation, c’est énorme, quand on sait que la misère s’installe devant certaines portes soulève Andrea Gagliardi (de la minorité GA). Les fabriciens doivent en prendre conscience. L’effort d’économie doit concerner tout le monde.»

L’antéchrist

Analyse du conseiller MR Arnaud Maquille, jugée très juste par son successeur au collège, Robert Joly: «Nous avons 13 églises et 11 fabriques. Depuis la fusion des communes, chaque fabrique a sa gestion propre, sans se soucier de ce que les autres font. C’est donc 11 fois le même travail, les mêmes prestations, ce qui rend impossible les économies d’échelle.» La loi est obsolète. Fusionner les fabriques et prioriser les besoins et les travaux? «Je n’ai pas été accueilli comme l’antéchrist réplique Joly. Ce fut constructif, les fabriciens sont disposés aux synergies et à partager leurs informations.»

 

L’église St-Jean de Mettet ne coûte plus un € à la collectivité: elle est fermée depuis longtemps pour réfection. ÉdA – 302251765267

L’église St-Jean de Mettet ne coûte plus un € à la collectivité: elle est fermée depuis longtemps pour réfection. ÉdA – 302251765267

L'église d'Ermeton-sur-Biert (évocation)

L'église d'Ermeton-sur-Biert (évocation)

Le 1er échevin Joly, blessé par Écolo. ÉdA – 302251779854

Le 1er échevin Joly, blessé par Écolo. ÉdA – 302251779854