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Commémorations : une mise au point désarçonnante

27 sep 2014
Pierre WIAME
L'Avenir
Basse Sambre, Sam. 27 sep. 2014, Page 1

La minorité PS estime que le collège a fait une grosse soupe des commémorations du centenaire 1914-2014. Débat vif au conseil, jeudi soir.

C'est Damien Floymont (ROPS) qui, en fin de conseil, a fait part de ses questionnements quant à la manière dont le collège de Mettet a célébré ces commémorations du centenaire. Une présentation moderne, en power point, pour déplorer, en gros, ce qu'il estime être des couacs grossiers et des erreurs d'appréciation cachant de la duperie. Tantôt à fleuret moucheté, tantôt au bazooka, il a flingué la majorité IC-MR.
 
Résumons les faits. Mettet, bien qu'associée à l'ASBL momentanée Centenaire 14-18 en Val de Sambre, n'a pas pris part aux manifestations emblématiques organisées par celle-ci, en août dernier. Elle a préféré commémorer de son côté, à Biesme, où on l'y a vu jouer une partition en solo, avec la participation de ses communes jumelles. Se désolidarisant en quelque sorte du partenariat signé bien plus tôt avec les communes d'Aiseau-Presles, de Fosses et de Sambreville.
 
Pour le groupe ROPS, le collège a fauté, et donné une piètre image de Mettet à l'extérieur. Et de lui poser trois questions: pourquoi avoir choisi Biesme comme théâtre de l'expression commémorative? Deuxio, pourquoi seuls les Biesmois y ont été invités? Enfin, pourquoi Mettet a-t-elle déserté l'organisation Val de Sambre?
 
Pour ROPS, le collège a mélangé les genres. «Vous vous êtes servis d'une commémoration historique et pluri-communale pour introduire un jumelage local et en légitimer son financement» a lancé Damien Floymont. La majorité a évidemment défendu ses choix, notamment celui d'avoir convié les communes jumelles de Denain, de Fonyod en Hongrie et même, par l'intermédiaire de ces amis hongrois, d'une ville allemande, Leipheim, en Bavière, jumelle de Fonyod. Vous suivez toujours?
 
«Il relève de nos prérogatives d'inviter les villes jumelées, par amitié » dira le maïeur, heurté. Fin août, ces représentants étrangers ont prononcé d'émouvants discours dédiés aux leçons à tirer de cette boucherie. L'orateur allemand a même été brillant a-t-on rapporté. Soit. Jeudi soir, au conseil, ce fut moins brillant. L'échange des points de vue a livré un débat décousu et surréaliste par moments.
 
Pour le MR, Caroline Cnockaert a rappelé les contributions de Mettet au devoir de mémoire: un bivouac en mai, à l'abbaye de Brogne. Une messe à la mémoire d'un capitaine français, Georges Peiffer – (où la minorité a brillé par son absence a déploré l'échevin Ruth). La sortie d'un livre consacré à la localité d'Ermeton. Personne ne conteste cela. Mais les réponses données n'ont pas brillé par leur clarté. Le bourgmestre Yves Delforge les a même noyées dans des considérations générales soporifiques, quand il rappela longuement l'horreur de la guerre, avant de faire observer une minute de silence à la mémoire des victimes. Le fond du débat n'était pas vraiment là.
 
Yves Delforge a fait suivre sa digression historique d'une leçon de morale: pour lui, la minorité a proféré des «accusations non fondées, des clichés inutiles et immatures » en vue de réécrire l'histoire ou s'inventer des vérités.
 
«Cette association (Centenaire Val de Sambre) n'est pas une intercommunale». Ce sont des personnes physiques. Point barre. Sous-entendu: l'ASBL ne nous liait à aucune obligation, on est encore libre de faire comme on l'entend.
 
Et le maïeur de voir en l'intervention de ROPS du révisionnisme ou du négationnisme pouvant conduire à des dictatures.
 
Tout cela était franchement excessif, pathétique et à côté de la plaque.