ROPS | Et si on s'y Mettet tous ensemble !

Et si on s'y Mettet tous ensemble !

Biesme : une salle des fêtes à 1 500 000 €

3 nov 2014
Pierre Wiame
L'Avenir
Basse Sambre, Lun. 03 nov. 2014, Page 3

L'ancienne salle des fêtes de Biesme sera restaurée, pour un montant de près d'1,5 million d'euros. Un gouffre déraisonnable selon la minorité.

Et quoi de neuf à Mettet?

Réuni jeudi soir, le conseil communal a, entre autres, voté le projet définitif de restauration de la salle des fêtes de Biesme, qui donne sur un des coins de la place Saint-Martin.

Après travaux, l'ex petite salle au décor suranné, ancien repaire de troupes de théâtre locales, abonnée aux levers de rideau et aux soupers, sera transformée en espace de rencontre et de convivialité, comme on dit aujourd'hui. Sauf que ça va coûter un pont…

La minorité a fait une vilaine grimace: près d'un 1 500 000€. Soixante millions d'anciens francs belges, pour un bâtiment déjà existant. Les gouttières seront-elle en or? Les châssis et fenêtres en bois précieux? Même pas. Ce projet, ce sont des citoyens qui l'ont porté et construit, patiemment, dans le cadre du PCDR (plan communal d'aménagement rural). Il aura fallu huit ans pour le faire advenir.

Au début, des chiffres raisonnables avaient été lancés, mais à la grosse louche: une estimation totale de 700 000€ dont, grâce aux subsides régionaux, une modeste contribution communale de 140 000€. Tout cela tenait la route mais était sous-évalué. Car la folle réalité a rattrapé les élus puisqu'il est question d'une facture de 1 500 000€ dont 750 000€ de subsides. La commune, qui ne roule pas sur l'or, supportera l'autre moitié.

Est-ce raisonnable? Pour le groupe ROPS, ça ne l'est pas. «Je ne suis pas contre dans l'absolu souligne Robert Joly mais sommes nous bien conscients de notre situation financière? Ne serait-il pas plus raisonnable d'arrêter les investissements, le temps de déterminer et de lister ce qui est prioritaire et ce qui ne l'est pas… »

Sous baxter émotionnel

La majorité l'entend, un certain malaise s'installe.

«Oui, je suis mal à l'aise poursuit Robert Joly. Aujourd'hui, nous devons raisonner différemment, car j'ai le sentiment qu'on commence à ne plus avoir les moyens… »

Pour l'échevin Arnaud Maquille, y a pas photo, il faut faire ces travaux. Y renoncer, c'est aussi dire adieu à un généreux subside régional de 750 000€. «Ce subside, c'est une chance de l'avoir, il est promis. Nous avons jusqu'à février pour mettre ce projet en adjudication».

«Alors réplique le chef de groupe ROPS, osons dire qu'il s'agit d'une dépense prioritaire ». Une dépense parmi d'autres, plus impérieuses, comme celles de lancer une procédure d'expropriation sur le site de l'ancienne scierie d'Ermeton-sur-Biert (voir ci-contre) et de poursuivre l'aménagement du parc résidentiel de Maison, en bordure du lac de Bambois, peuplé de chalets et de caravanes.

Robert Joly veut élever le débat, avec objectivité. «Pour moi, je suis désolé, ces projets sont plus importants dans l'absolu. Et qu'en est-il de notre autonomie communale? Bulle. C'est donc la Région qui, selon ses critères, définit ce qui est chez nous prioritaire ou pas. En attendant, plus tard, vous n'aurez peut-être plus d'argent pour réaliser ces autres projets, parce qu'on ne nous aura pas donné les moyens de les faire.»

Damien Floymont (ROPS) interpelle le simple bon sens de la majorité: «Mais enfin, malgré les subsides, ce montant ne vous paraît-il pas exagéré par rapport à l'usage que l'on va faire de cette salle des fêtes? 1 500 000€?»

C'est un oui du bout des lèvres. « Oui, c'est énorme mais c'est ce coûte en 2014 un bâtiment public, par rapport à l'exigence des normes de sécurité et d'hygiène. Ce sont ces contraintes qui coûtent cher ». L'échevin met aussi en avant le côté humain et citoyen du projet: «C'est un miracle que les citoyens ne se sont pas découragés, et on irait leur dire, maintenant: on ne le fait pas! Impensable.»

Pour Andréa Gagliardi (Gérer autrement), la majorité est davantage dominée par l'émotion que par le rationnel. «Enlevez ce baxter émotionnel. Pour 1 500 000€, en neuf, on construit deux salles des fêtes».

Le projet a été voté, in fine, malgré un état de finance au rouge.