L’été du centenaire de l’Armistice à Oret

17 mar 2018
Pierre Wiame
L'Avenir
Régions, Basse-Sambre, p4 du 17 mars 2018

Plus jamais ça, le nationalisme et la guerre. À Mettet, le centenaire de l’Armistice sera célébré de main de maître, les 11 et 12 août.

À Mettet, on peut se lancer des horreurs par presse interposée et, au conseil, donner l’image d’une belle fraternité retrouvée et reliée par de beaux sentiments. Car, il y a peu, à l’abbaye de Brogne, pour fêter le retour de l’élu Gagliardi sous la bannière du MR, Arnaud Maquille (viré du collège) avait tiré de sanglants uppercuts sur son ex-partenaire du cdH: «Gestion archaïque datant de la Préhistoire, copinage, faits du prince, absence de vision et de projets à long terme…)

Jeudi soir, malgré ça, le conseil communal a chaleureusement applaudi le nouveau sexagénaire, blindé contre les attaques. Jour pour jour, le bourgmestre Yves Delforge fêtait son 60e anniversaire. Un nouveau cap pour cet élu qui a fait de la politique locale son métier et qui aimerait sûrement recevoir pour cadeau le privilège de garder son écharpe de mayeur.

«J’aurais manqué de politesse élémentaire a déclaré le 1er échevin Robert Joly à l’entame de la séance publique. C’est une pure coïncidence, ça l’ennuyait que son anniversaire coïncide avec une assemblée du conseil mais nous avons insisté pour ne rien changer.»

Le bourgmestre a sorti de sa poche sa carte verte d’affiliation à l’amicale des aînés de Mettet.

L’échevine du Tourisme Isabelle Doneux a confirmé avec enthousiasme l’attribution d’une subvention exceptionnelle – 10 000€ quand même – au comité organisateur de la fête du centenaire de l’Armistice, à Oret, qui se déroulera les 11 et 12 août. Mettet va donc marquer le coup.

«Des citoyens d’Oret sont venus avec un magnifique projet fédérateur, qui m’a séduite. Je peux juste dire que les activités proposées seront didactiques, amusantes, avec des jeux, bivouacs et expositions, un feu d’artifice etc. Des musiciens sillonneront les rues et le public sera invité à s’habiller à la mode des années 20.»

Remarque de la conseillère Écolo Chantal Leroy à propos de l’esprit de cette commémoration: la guerre est horrible. Plus jamais ça! «Or, je lis qu’il y aura des bivouacs et des démonstrations d’exercice de combat, au sabre, par un régiment de dragons. On met trop l’accent sur le jeu guerrier.»

Le collège confirme le caractère didactique des activités. Pas de jeu guerrier au programme mais des jeux de questions-réponses. On ne va pas refaire la guerre 14-18. Ce sera un hymne à la paix, à la liberté et à l’espoir d’une paix pour le monde, en mettant l’accent sur les guerres lointaines qui le déchirent encore et qui déclenchent un exode de réfugiés qu’il faut avoir l’humanité d’accueillir.

«Ce qui me tracasse a conclu Robert Joly, c’est ce qui s’est passé après. L’arrivée de dictateurs, la réapparition des nationalismes. On avait dit plus jamais ça, pareille boucherie, dans une allégresse extraordinaire et on a recommencé. Et le plus terrible, c’est que les premiers qui se sont retrouvés dans les corps francs, en Italie, en France, en Allemagne, c’étaient des anciens combattants. Comment les années trente ont-elles pu être ferments au nazisme et à une seconde boucherie? Non, nous n’exalterons pas les armes à Oret.»

Des vétés en Afrique Mettet va verser 1500€ à l’association humanitaire Vétérinaires sans frontières. Une vété, le Dr Carole Meersschaert, s’est déplacée de Vielsalm pour présenter ce projet humanitaire: sur un continent où la qualité de vie dépend de l’élevage d’un troupeau de vaches, de chèvres, de poulets, de lapins etc, Vétérinaires sans frontières met en place des actions de soin sur les animaux. «La femme étant au centre de la famille, et responsable du petit élevage (les vaches sont réservées aux hommes) préserver ce dernier permet aussi d’améliorer sa condition» a expliqué I’échevine et vétérinaire Isabelle Doneux.

La solidarité criminalisée Sans transition, Écolo a demandé le vote d’une motion opposée aux visites domiciliaires, une idée du gouvernement MR-NVA, afin d’identifier les demandeurs d’asile déboutés et réfugiés dans la clandestinité, donc en séjour illégal. Dans la salle, des sympathisants et mandataires Écolo, peut-être d’autres aussi, ont brandi des calicots (Non aux visites domiciliaires, Non à la criminalisation de la solidarité, tous migrants etc) La conseillère Fabienne Bever, ex-présidente du CPAS, s’est abstenue, rappelant bien les garde-fous prévus par ce projet de loi, dont la présence d’un juge d’instruction, et l’objectif: faire sortir de la clandestinité les sans-papiers. Le MR, partenaire de la NVA au 16 rue de la Loi, s’est abstenu. Seule Caroline Cnockaert a pris ses distances et voté la motion. Le bourgmestre a précisé que Fabienne Van Bever avait totalement le droit d’exprimer une opinion contraire. Elle a eu le courage de ses opinions a-t-on entendu. «Pauvre homme en sa maison est roi» a cité Robert Joly, évidemment opposé au projet.

Perquisitions, à Mettet? Cette motion symbolique, mise au vote un peu partout en Wallonie à l’initiative d’Écolo-fédéral, a cristallisé l’antagonisme idéologique gauche-droite. On a même failli s’énerver. Les deux élus locaux, autour de ce dossier sensible, n’ont pas eu l’occasion de répliquer au conseiller cdH Fabien Dethier qui, fin février, les avait invités à ne plus déposer de motion concernant la lointaine politique fédérale. «Notre job, c’est Mettet, occupons-nous de Mettet.» Sur ce coup-là, l’impétueux élu cdH n’aurait pas osé faire ainsi la leçon aux verts.