Les élus ont «piscine»

6 oct 2018
Pierre WIAME
L'Avenir
Régions > Basse-Sambre, p1 du 6 octobre 2018

Face à la fermeture en urgence de la piscine de Biesme, les mots de la (presque) fin ont fusé: «Ce n’est pas facile de faire de la politique.»

Oui, ils ont «piscine», celle de Biesme, que le bourgmestre Delforge a dû fermer par arrêté de police le 28 septembre, à la surprise générale. À une semaine des élections communales, il a bien fallu faire «plouf», le MR, par la voix de Valère Toussaint, réclamant des explications autres que «la faute à pas de chance».

Les élus sont «zen», comme sur une plage, en maillot de bain. Mais le mayeur a prévenu, en maître nageur: «A une semaine des élections, j’espère qu’on va rester corrects.»

On n’enfonce pas de têtes dans l’eau. On ne se pousse pas.

Donc, avant le grand match de dimanche prochain promettant de la sueur, les élus se sont rafraîchis dans la piscine, ce jeudi soir, au sein de ce conseil extraordinaire.

L’échevin des Sports Luc Vanderweyden expose l’historique: la porosité du béton de la cuve du bassin, qui ne date pas d’hier (avec une première alerte remontant à l’époque du mayeur Adelin Mathieu), puis ce plan «béton» perdu dans un cabinet ministériel à Namur. Enfin, la visite des experts de cette fin de septembre, suivie de leur courrier alarmiste. Faut fermer.

La communication défaillante? «On a dû répondre en urgence, à une injonction. On peut cependant nous reprocher d’avoir mal communiqué. Le responsable des Sports de Mettet, chargé de l’annonce, s’en excuse…»

Avant le MR, Andrea Gagliardi (qui a rallié les bleus en cours de route), intervient, et plus pour longtemps sous la bannière Gérer autrement. Il semble épuisé de prêcher cette autre gestion.

«Mais que contient ce plan béton? En réalité, qu’il fallait intervenir sur la cuve du bassin déjà en 2014.» Ses mots éclaboussent.

En chômage technique

Pourquoi avoir attendu? «Ce plan béton était conditionné au plan piscine» explique en substance le bourgmestre Yves Delforge. Décodé, ça veut dire que ça ne sert à rien d’investir près de 100 000€ dans un bassin obsolète, sans certitude d’une profonde remise à niveau technologique des équipements, et aux normes du XXIe siècle. La piscine de la Tourette a été inaugurée au début des années 70 par feu Joseph Wauthy. Depuis, on a presque réinventé la roue.

Le raisonnement tient la route. Pas de travaux inutiles. Se posait juste, entre-temps, la question aiguë de la sécurité.

Robert Joly (ROPS), en appelle à la raison, et à se tourner vers l’avenir plutôt que remuer le passé, et de le faire dans l’intérêt supérieur «de notre commune», à tous: «Ne nous tirons pas une balle dans le pied, car il y a du personnel à sauver – (l’équivalent de 15 personnes, dont deux temps-plein) -. Nous allons écrire à l’ONEM (l’Office national de l’Emploi) pour lui demander de mettre nos travailleurs salariés en chômage technique.» Avec renouvellement de trois mois en trois mois.

Si l’ONEM refuse – (au motif d’un défaut de prévoyance par exemple) –, l’administration communale devra assumer la charge financière du licenciement et la reconversion des virés faute d’outil (l’outplacement). Mieux vaut éviter cette petite noyade.

Le débriefing et les leçons à tirer suivront, entre élus de la prochaine coalition.

Mais, pour l’heure, le 1er échevin Joly et le bourgmestre Delforge sont à l’aise. «Nous prouverons qu’on n’y est pour rien.»

Arnaud Maquille parle peu mais bien: «Dans les administrations publiques, la culture de la sécurité n’existe pas, et il faudra l’intégrer par rapport à la vétusté de nos infrastructures. C’est une des leçons à tirer.»

Il faudrait, par exemple, comme dans le privé, engager un bon et vrai chef de la sécurité. Un ingénieur. Au moins un niveau 2. Difficile… tant le public et ses barèmes n’attirent pas les flèches.

Pour Robert Joly, il y a une seconde culture à implémenter: celle de l’échéancier, de l’anticipation. «On ne peut plus être le nez dans le guidon. Si je suis encore là en décembre, ça vaudra la peine de réexaminer le dossier calmement.»

Et les élus sont ainsi sortis de l’eau, coudes serrés face à l’adversité, en grelottant juste un peu. Quand retrouveront leur siège, fin octobre, quelque chose aura changé. Ou se sera brisé, ou confirmé. L’un ou l’autre sera déshabillé.

Les rescapés de l’élection se reverront le 3 décembre, en nouvelle assemblée. Et tous prêts à replonger dans le bain politique.

Plein pot dans le tunnel

Le Motor a fait une pointe de vitesse, plein pot, et franchi trop vite la ligne d’arrivée. Il a aménagé, après plusieurs semaines de travaux, un nouveau tunnel, derrière l’ancienne tribune. Il sera opérationnel pour le prochain Superbiker.

Très bien pour les bikers, en course sur deux niveaux, sauf que le Motor a oublié d’introduire un permis d’urbanisme. Un coup fumant. Écolo, qui n’aime déjà pas trop ce polluant business-passion, dénonce: le relief du terrain (communal) a été modifié, du béton a coulé. Et tout ça sans permis?

L’échevine de l’Urbanisme confirme: le Motor a franchi un feu rouge. Il est mis en demeure de régulariser.

Écolo, par la voix d’Alain Boulanger, y va fort: «Le Motor n’est-il pas favorisé? N’est-il pas un état dans l’état?»

Devant ces pétarades, attitude imperturbable du collège. Andrea Gagliardi brandit la responsabilité du bourgmestre en cas de sortie de route… car le terrain communal où le Motor a édifié son tunnel ne lui est pas encore officiellement vendu.

«Relisez le CODT!»(le Code du développement territorial)» conseille sagement Robert Joly pour qui, effectivement, c’est inadmissible.

«Il ne peut y avoir de privilège devant la Loi.» C’est en tout cas souhaitable, mais enfin… jamais garanti.

«La nouvelle équipe devra clarifier ses relations avec le Motor» estime Robert Joly. Quant à la responsabilité du mayeur sans cesse martelée, ça fatigue. «On est bien conscient que ce rôle est compliqué» indique Yves Delforge.

Et pourtant… tant, partout, ont l’ambition de le devenir.

De l’argent virtuel? Dernier conseil de Joly aux candidats se battant pour leur réélection sur le terrain, et qui diraient parfois n’importe quoi: «C’est pas facile de faire de la politique. Quand on promet des choses, il faut assumer après. Alors, faites attention à ce que vous dites. Des gens vont s’imaginer qu’on a un bas de laine – (allusion à un solde en réserve de 2 899 719€) – mais non, on ne dispose pas de cet argent, sonnant et trébuchant.» Impossible, comme dans les films, de le sortir en plusieurs malettes. Oui, mais… Protestation de l’échevin des Finances Jacques Ruth (qui se sent visé): «La situation est sous contrôle. N’ayez crainte.»

Pas de polémique sur Canal C Le même 1er échevin, décidément en verve, n’a pas apprécié le débat façon Canal C. Il n’y a pas eu de débat dit-il. Trop soporifique. Peu passionnant. «Or, faire de la politique, c’est la polémique, la confrontation….» Mettet a quand même renouvelé sa cotisation à la télé locale.

Le RC-MR est mort Une nouvelle et étrange démission, juste sur le fil. Cette fois, c’est Caroline Cnockaert (33 ans, MR) qui quitte le bateau. «Le groupe Renouveau Communal-MR est mort. Je ne peux plus m’y épanouir» a-t-elle écrit dans une lettre lue en séance. Un non-événement pour le MR. No comment. À peine un sourcil relevé. «Ce retrait n’est pas définitif» croit savoir le mayeur. Dans 6 ans, sur la liste Icap?

Le collège va rencontrer très vite le personnel de la piscine. Suivront les clubs et ASBL. Au passage, une dernière photo de l’équipe. ÉdA – 301804102693

Le collège va rencontrer très vite le personnel de la piscine. Suivront les clubs et ASBL. Au passage, une dernière photo de l’équipe. ÉdA – 301804102693

Toujours plus spectaculaire, le 32e Superbiker (du 19 au 21 octobre) franchira un nouveau tunnel. ÉdA – 40667448390

Toujours plus spectaculaire, le 32e Superbiker (du 19 au 21 octobre) franchira un nouveau tunnel. ÉdA – 40667448390