Les clubs et leurs affiliés boivent la tasse

3 oct 2018
Pierre WIAME
L'Avenir
Régions > Basse-Sambre, p4 du 3 oct 2018

La fermeture du bassin de Biesme va priver de natation des milliers de petits et grands baigneurs. Et ça risque de durer longtemps.

La brusque fermeture de la piscine de la Tourette, à Biesme, vendredi dernier, a mis dans l’embarras ses plus fidèles clients.

Le bourgmestre Delforge a en effet été contraint de la fermer en urgence à la suite d’un rapport d’experts alarmiste. La cuve est menacée dans sa stabilité à cause de suintements résultant d’un béton poreux, x affaibli par la corrosion du chlore, et tout ça juste au-dessus des équipements électriques. Il y a plus d’un an que des gaines électriques ont déjà été signalées comme baignant dans l’eau, et des chemins de câbles rongés.

Tout ça à une quinzaine des élections, ce qui fait beaucoup jaser, à la mesure de l’effet de surprise suscité par l’arrêté de police. Même le personnel a été pris de court, parfois informé au dernier moment. Un moniteur aurait reçu un coup de téléphone 10 minutes avant le début de son service.

La piscine de Biesme, l’air de rien, c’est 120 000 entrées par année. Elle est louée tous les soirs. Des écoles de l’entité et d’ailleurs y ont réservé des plages d’occupation.

Cédrik Colinet a une double casquette: responsable du club «Le Tremplin», de Presles, et membre du conseil d’administration de la piscine. «Sans réponse claire à propos du problème dit-il, je ne donnerai aucune solution à nos affiliés (entre 200 et 250). Je les ai juste informés que la piscine est fermée pour une durée indéterminée. Pas d’autres commentaires à faire à ce stade.»

L’attente risque d’être longue. Il n’est pas exclu que l’intervention sur le béton du bassin soit retardée jusqu’à la mise en œuvre du plan piscine (4 millions d’euros), consistant en de vastes travaux de modernisation en lien avec l’isolation, l’énergie, la sécurité etc. Si c’est le cas, on est parti pour des mois de piscine en chômage, voire plus d’une année.

Marine Vandeput est administratrice du club «Squale Biesme ASBL», qui réunit une septantaine de passionnés de natation, petits et grands. Cette gestionnaire (et candidate sur la liste MR), qui a repris le club en février, est mécontente, qualifiant la communication de légère. «Ce qui me dérange, c’est qu’ils connaissaient le problème depuis longtemps et qu’ils nous ont fait courir un risque. Depuis, nous n’avons pas de nouvelles, aucun mail, aucun courrier. C’est juste honteux.»

Cette fermeture a des répercussions financières sur la gestion du «Squale Biesme ASBL»: comme on est en début d’année scolaire, et de reprise des activités, les assurances ont déjà été payées. Les inscriptions, la plupart déjà versées au compte de l’ASBL, vont devoir être remboursées aux parents. 

La tanguante piscine va peut-être s’inviter au conseil communal de jeudi soir, à l’initiative du groupe minoritaire MR, d’où sont issus les deux derniers échevins des sports. «C’est hors délai pour le dépôt d’une question supplémentaire mais nous espérons recevoir des informations précises» souligne Valère Toussaint. Déjà, fin janvier, un expert local interdisait à ses proches d’aller à la piscine. Trop risqué de mourir comme Clo-Clo.

«Avant notre éviction, en mars 2017, le collège avait déjà reçu le rapport circonstancié d’un responsable, photos à l’appui. Nous allons remettre le nez dans le dossier pour voir s’il y a eu, oui ou non, défaut de prévoyance. Et pour objectiver les responsabilités» poursuit-il. Seule certitude, le bourgmestre Yves Delforge, natif de Biesme, était au courant. Jeudi, il dédramatisait la situation. Pas de panique, je gère.

Florennes, la solution

Muriel Horé, de Furnaux, gère le club Aquasol Aquafitness. Plus ou moins 150 affiliés gravitant autour de deux heures d’occupation de la piscine de la Tourette. Elle a reçu un simple message informant de la fermeture de la piscine pour une durée indéterminée. Et ce fut la douche froide. «On a reçu peu d’information sur les causes de cette fermeture. Ils en disent le minimum en période électorale. Dommage, car ça marchait super-bien. Nos stages de vacances avaient beaucoup de succès. C’est un vrai problème car il y a peu de piscines dans la région. Florennes, Philippeville, la piscine de l’Helios à Charleroi. Toutes plus ou moins bondées.» Finalement, grâce à un rapide coup de fil dès l’annonce de la fermeture, une solution s’est dégagée: les cours se donneront à Florennes, le jeudi, à 20 h 30, jusqu’à 22 h 30.

La piscine plutôt que la salle

À Mettet, des voix s’élèvent. «Ce n’est pas la salle de Biesme, vraie dépense de prestige, qu’il fallait restaurer, mais la piscine, qui concerne 120 000 personnes/an. Il y a un problème de priorité.»Le dossier aurait traîné pour raison budgétaire malgré le danger d’effondrement et d’électrocution. Un trop gros paquet de fric à investir. Mais il faudra y passer tant la piscine, inaugurée avant la fusion des communes, a vécu.

Le bonheur ne sera plus dans la piscine de Biesme pour un certain temps. Elle est fermée depuis vendredi pour une durée indéterminée. ÉdA – 40658677973

Le bonheur ne sera plus dans la piscine de Biesme pour un certain temps. Elle est fermée depuis vendredi pour une durée indéterminée. ÉdA – 40658677973

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