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L’échevin Maquille recadré

8 déc 2016
Pierre Wiame
L'Avenir
Basse-Sambre, Sambre et Meuse, et Namur. 8 décembre 2016

Le collège communal a retiré à l’échevin Arnaud Maquille la compétence du Patrimoine, validant donc les accusations de la minorité. Ça tangue.

Le bourgmestre Yves Delforge, au dernier conseil communal, avait laissé les élus (ROPS-PS) tailler un fameux costard au partenaire libéral de la majorité (cdH-MR).

Ceux-ci, au terme d’une exploration souterraine dans la comptabilité communale, étaient arrivés autour de la table avec des preuves accablantes révélant des irrégularités et méthodes de gestion illégales.

L’acte d’accusation dressé contre l’échevin du Patrimoine et des Travaux, Arnaud Maquille, avait singulièrement secoué l’assemblée, le public et l’intéressé lui-même, brutalement confondu avec un bricoleur comptable, un plombier emmêlant les tuyaux.

Les élus, partant d’un bazar pseudo-culturel – (le marché de Ouagadougou)– avaient tiré un petit fil et toute la grosse pelote était venue avec: des surfacturations hyper-favorables aux indépendants (quasi des cadeaux accordés yeux fermés), des bons de commande antidatés, des devis trop vagues ouvrant la porte à des dérapages, des défauts de mise en concurrence, le tout érigé en système. Calamiteux.

La démonstration, accompagnée d’une projection des pièces litigieuses, avait tourné au réquisitoire, implacable.

Le bourgmestre Yves Delforge, mal pris, avait promis une enquête interne, puis des réponses et des explications lors du prochain conseil communal. Ce dernier se tiendra finalement le lundi 19 décembre et non le 15 comme initialement prévu.

Ce lundi, le collège, remis de ses émotions, a pris une première décision, en s’appuyant sur le rapport de la directrice générale, qui n’a pu que confirmer les accusations proférées par la minorité. En conséquence de quoi, Arnaud Maquille (MR) a été dessaisi de sa compétence liée au Patrimoine. On allège donc son portefeuille d’un gros billet, en termes de visibilité politique, pour lui laisser la petite monnaie (le PCDR, l’informatique, les affaires économiques, les cultes, le tourisme). Une décision à l’unanimité insiste le maïeur, ce qui suppose que l’échevin incriminé accepte cet affront, inédit à Mettet.

Un remontage de bretelles

Il n’y avait pas trop le choix: «J’avais mis trois options sur la table» explique le bourgmestre, sans rien dire de la teneur des deux autres. Sans doute, pour l’une d’elle, la fin de la majorité. C’eût été trop cruel.

Arnaud Maquille s’est donc résigné à accepter la proposition la plus douce de l’autoflagellation. Et c’est Yves Delforge qui reprend la main sur le Patrimoine.

Arnaud Maquille, pour atténuer ce déshonneur, a été tenté par la démission. «Si c’est comme ça, je démissionne…» Mais il s’est sagement ravisé. «Nous avons pris cette mesure à l’égard d’Arnaud afin que ces attitudes «border line» ne se reproduisent plus. Cela ne peut plus arriver. Certains pourront y voir une sanction. Pour moi, il s’agit plus d’un remontage de bretelles» poursuit le bourgmestre.

Quid de l’échevin de la Culture et de l’Enseignement Claude Boussifet? Le groupe ROPS l’a aussi sévèrement mouillé, pour de gros dérapages budgétaires liés à une façon trop légère, ou inconséquente, de faire de la politique.

Yves Delforge n’en a rien dit, par respect pour le huis clos collégial, mais il semblerait que le budget de Boussifet fasse l’objet d’un resserrage de boulons. Fini, le badinage culturel déficitaire?

Lui qui, au dernier conseil, avait défendu comme il pouvait cette géniale idée, la sienne, d’organiser ce marché africain, par solidarité, par philanthropie.

La minorité pouvait bien raconter n’importe quoi, brandir n’importe quel chiffre, la seconde édition de ce marché aura bien lieu, quoi que ça coûte semblait-il dire en matamore. Ce serait, à présent, beaucoup moins sûr.

«Un peu fou»

Pour Robert Joly, contacté, cette décision est spéciale. Inédite. «C’est même un peu fou.» Le chef du groupe ROPS-PS ne comprend pas que l’échevin ainsi rétrogradé puisse accepter ce camouflet sans broncher, comme si de rien n’était. «C’est donc le mea culpa. Il reconnaît de facto qu’il a fauté. Cela valide aussi les résultats de notre travail de fond. Oui, nos accusations sont fondées. Nos reproches sont bien pertinents.» Au-delà, Robert Joly s’inquiète....de l’ambiance qui va régner entre les membres de la majorité jusqu’à la fin de la législature. Du climat dans lequel ils vont devoir travailler et des répercussions que cela va avoir sur la gestion et sur le vécu des citoyens en ces temps difficiles. Or, ceux-ci exigent que les membres du collège soient mobilisés.» ROPS commentera publiquement et fera part de son analyse lors du conseil du 19 décembre. Elle n’aura sans doute rien d’un cadeau de Noël, ou d’une trêve dans le combat politique.

Commentaires

Portrait de Minet
Soumis par Minet le

On parle toujours de Charleroi mais je m'aperçois que ça se passe aussi ailleurs. A quand les mêmes sanctions ?