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Et si on s'y Mettet tous ensemble !

La minorité demande un nouveau jury

18 aoû 2015
Pierre WIAME
L'Avenir
Basse-Sambre, p2

La Commune de Mettet recrute un directeur général.

Pour la minorité, les dés sont pipés. Elle demande au ministre la désignation d’un nouveau jury.

ll fallait s’y attendre. En dépit des efforts du collège pour se défendre de tout téléguidage que la composition du jury laisserait supposer, la minorité liguée, – fait plutôt rare – (PS - Écolo et Gérer autrement réunis) reste tourmentée par des soupçons de manœuvre politicienne. Elle craint que le futur directeur général (le DG) émerge d’un petit arrangement entre amis cdH et MR.

Elle en veut pour preuve éclatante que le jury, bien que composé de gens de qualité dit-on, ne représente pas toutes les expressions politiques. «Il n’y a que des gens étiquetés des deux partis qui sont aux commandes de Mettet, le cdH et le MR», avait simplement constaté avec inquiétude le chef de groupe du PS Robert Joly. Il s’en était publiquement ému. Mais le collège est resté inflexible.

Erreurs de forme et de fond?

Donc, aucune personnalité de gauche n’a été appelée à se joindre aux experts qui, au terme de trois épreuves éliminatoires (la dernière aura lieu le lundi 31 août), proposeront le nom de celui qui occupera la plus importante fonction dirigeante au sein d’une commune.

Le collège n’est pas obligé de réunir toutes les couleurs au sein d’un jury. Mais cet oubli du «rouge» couleur de la rose, et du vert, ne rassure pas la minorité et nourrit un malaise.

«C’est une question de principe, martèle Robert Joly, qui a rédigé le recours. Il y a un non-respect des formes. Le collège s’est arrogé le droit de désigner les 5 membres du jury. Alors que la loi ne lui autorise la désignation que de 2 experts. Le conseil communal aurait dû avoir un droit de regard sur la désignation des 3 autres».

Selon la loi, la Fédération des directeurs généraux doit aussi envoyer deux de ses représentants. Or, ici, poursuit Joly, c’est le collège qui a proposé deux noms de DG, de la bonne couleur évidemment, orange et bleue.

La fédération a donc abdiqué de son pouvoir de décision. Il eût été difficile pour elle de refuser après coup le choix du collège de Mettet.

La minorité trouve aussi à redire sur le fond. «Comme par hasard, on constate que, à travers le choix opéré par le collège, 4 membres du jury sur 5 ont des engagements politiques à droite ou témoignent d’opinion de droite», comme le DG de la Commune de Gerpinnes, par ailleurs vice-président de la Fédération des DG de Wallonie.

«C’est donc préoccupant et nous estimons que nous devons dénoncer cela au ministre Furlan. Nous ne pouvons pas cautionner. Et ces trois partis confondus qui vont en recours représentent 48% de la population.»

Bref, c’est le règne du soupçon et non de la confiance qui entache la procédure de recrutement.

Pas de cinéma ailleurs

Au conseil de juin, la minorité, pour sauver le sacro-saint principe d’impartialité, avait proposé un règlement rendant impossible la divulgation des questions de l’épreuve avant l’examen. Car c’est bien là la principale crainte: que les questions ne fuitent vers le candidat ayant les faveurs du bourgmestre, ou du collège. Comment? Chaque membre du jury aurait rédigé 10 questions, chacune glissée sous enveloppe scellée. Les questions d’examen étaient ensuite tirées par le sort. Impossible de tricher. Mais ce règlement a été rejeté. «Si la majorité avait voté ce texte-là, je n’allais pas au-delà. Ici, tout est mis en place pour que je la soupçonne de combine. C’est elle qui crée les conditions de la suspicion légitime», conclut Joly.

La majorité, elle, est outrée qu’on puisse lui faire le procès d’intention de «bidouiller» la procédure de recrutement. Pour le bourgmestre Delforge, pas de souci, tout le monde peut aller en recours. Mais c’est dommage… «Car nous avons fait cela dans les règles de l’art, en toute transparence. Et je n’ai pas demandé la carte de parti des membres du jury, même si certains sont affichés. Mais, en particratie, tout le monde est étiqueté quelque part. C’est terrible qu’on puisse les soupçonner de partialité. Ils nous font ce plaisir d’être là, par amour du métier, et on met en doute leur probité. Ailleurs en Wallonie, où l’on a désigné des DG, il n’y a pas eu pareil cinéma….»

Vite dit

Un DG, à long terme

Ecolo a co-signé ce recours: «Tout le monde doit avoir la chance d'être objectivement évalué. Nous ne sommes pas en confiance. Choisir un directeur général c'est choisir sur le long terme une personne indépendante politiquement qui devra travailler avec la majorité aujourd'hui mais aussi avec celle(s) de demain» estime Kristien Valette.

Un poste en vue

Un DG, quand il est désigné, c'est pour longtemps.Car le poste, nécessitant désormais un grade universitaire, est sûr et bien payé. Pécuniairement, il vient même d'être nettement revalorisé. DG, c'est plus prestigieux que secrétaire communal.

Des failles importantes

Andréa Gagliardi (Gérer autrement), d'obédience libérale, est également signataire du recours:  «Ce qu'on proposait, le tirage au sort des questions, aurait garanti davantage de clarté et d'indépendance. On ne peut pas les accuser sans preuve de partialité mais leur système est parsemé de failles importantes ouvrant la porte à toutes sortes d'interprétations»

Désigné fin septembre

Il y avait 24 candidats prêts à briguer le poste mais, à la première épreuve éliminatoire du 4 juillet, seuls 12 se sont présentés. Sept ont franchi le cap avec succès et passé la seconde épreuve. Il resterait 3 candidats à se présenter à l'examen oral du 31 août, avec présence autorisée des représentants de la minorité. Selon le bourgmestre, Mettet aura un DG pour la fin septembre. Le conseil communal décidera et le mettra en fonction.