En avant la musique !

13 sep 2018
Portrait de Alain Wéry
Alain Wéry

Ou comment passer de l’inaudible cacophonie, à la symphonie en ROPS majeur...

Rêvons un peu :

Me voici confortablement installé dans mon fauteuil rouge-grenat de la salle de concert. Au programme de la soirée, « La Flûte Enchantée », du grand, de l’immense Wolfgang-Amadeus…
Les musiciens sont en place, les chanteurs en ont fini de se chauffer les cordes vocales. Sous les applaudissements nourris du public, le Chef fait son entrée. Baguette à la main et perruque poudrée au sommet du crâne, il salue, puis se tourne vers la fosse d’orchestre, réclamant de la sorte le respectueux silence de l’assistance, et la plus grande attention des musiciens.
Attention, mesdames et messieurs, dans un instant, ça va commencer… !!!
Et de fait, ça commence… Mais, horreur, les Cuivres sont couverts de vert-de-gris, les Bois sont gangrénés par la mérule, les Percussions ont la peau craquelée, et les Cordes ressemblent à des lianes érodées dont même Tarzan ne voudrait pas pour rejoindre sa Jane alanguie.
Imperturbable et sourd, le Chef continue d’agiter sa baguette qui ressemble, à s’y méprendre, à un vieux tube néon tacheté de chiures de mouche.
Ce n’est plus un Opéra, c’est un vent mauvais de novembre. Ce n’est plus du Mozart, c’est du bruit.
Le rêve s’est transformé en cauchemar.
Brutalement, je me réveille, en sueur, l’œil hagard, et, passez-moi le côté un peu osé de l’allégorie, la « flûte quelque peu désenchantée… » .

Je ne vois pas le rapport…

… Me direz-vous ! Je vous rassure, sur le coup, moi non plus.
Mais à y bien réfléchir ( et réfléchir, à l’heure des échéances électorales, c’est important ), à y bien réfléchir, donc, je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement entre l’orchestre-catastrophe  de mon récent cauchemar, et l’actuelle dissonance de nos services communaux.
Soyons de bon, de très bon compte, tout n’y est pas aussi cauchemardesque que dans ma « Flûte enchantée », loin s’en faut. Le personnel communal est, dans sa très grande majorité, composé de femmes et d’hommes compétents, courageux, et largement motivés par leur objectif premier : le service à rendre aux citoyens.
Toutefois, on ne peut occulter le profond malaise qui règne au sein de notre administration . Démotivation, burn-out, absentéisme… Tout cela est signe indéniable de sérieux dysfonctionnements de l’un ou de l’autre… Et quand quelques musiciens accumulent les fausses notes, c’est l’ensemble de l’orchestre qui est pointé du doigt.
Dysfonctionnement, le mot est lâché. Je ne m’étendrai pas ici sur les détails, les causes, les conséquences… D’autres l’ont fait avant moi, avec une connaissance bien plus aiguisée que la mienne, de la problématique. Je vous invite donc, à ce sujet, à lire ou relire sur notre site, les deux articles de presse suivants :
« Absentéisme grave et moral au plus bas » , Sébastien Ponciau, Nouvelle Gazette , 11 07 2018 et « Le blues des employés communaux », Pierre Wiame, L’Avenir, 23 06 2018

Tout y est objectivement relaté, qui exige de nos élus une reprise de baguette immédiate, pour le mieux-être de nos travailleurs communaux, tous grades confondus, et le service d’excellence vers lequel il doivent tendre, au meilleur profit du citoyen.

Laisse aller, c’est une valse !

De fait, il serait plus simple de ne rien faire, parce que, ma bonne dame, on a toujours fait comme ça…
C’est exact, et pour exemple, et pour en revenir à mon Opéra, il est effectivement confortable ( et électoralement tentant ) de faire plaisir au petit voisin de ma tante Hortense, qui souhaite intégrer l'orchestre, histoire de se caser pépère… Mais chez Rops, nous sommes résolus à dire au gamin que ce n’est pas parce qu’il a fait trois heures de solfège en maternelle et qu’il joue du crin-crin aux fêtes de famille, qu’il fera un bon Premier-violon… Et tant pis si ma tante Hortense n’est pas contente.
Chez Rops, le logo, c’est une pomme. Pour les poires, que ma tante Hortense aille voir ailleurs !
Plus sérieusement, la réorganisation de l’administration, sur base de l’audit commandité par Robert Joly, est un engagement majeur du groupe Rops pour la prochaine mandature.
Et , il faut le dire, prendre ses responsabilités au bénéfice du plus grand nombre nécessite une bonne dose de courage politique.
Mozart ne peut pas plaire à tout le monde, mais c’est tellement plus harmonieux quand la musique est bonne, bonne, bonne, … Quand la musique est bonne !
A vous, amis lecteurs, d’ouvrir les yeux,... Et les oreilles !