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Et si on s'y Mettet tous ensemble !

Deux gros poings sur la table

29 avr 2018
Pierre Wiame
L'Avenir
Régions > Basse-Sambre - p1 régionale du 28 avril 2018

Deux éclats de voix pour recadrer deux élus à propos de l’avenir du hameau du Lac et de la culture. Le 1er échevin Robert Joly trace sa ligne.

Le parc résidentiel resurgit dans le débat. Dans la suite logique de la réhabilitation lente de cette zone d’habitat précarisée en hameau à part entière, le conseil communal doit se positionner sur le changement d’affectation de celle-ci au plan de secteur.

Le code de développement territorial a en effet changé. Il prévoit désormais un statut d’habitat intermédiaire: une zone d’habitat vert afin de ramener dans la normalité ceux qui, poussés par la nécessité, se sont réfugiés dans des campings ou des parcs résidentiels qui n’ont plus rien de bucolique et de touristique.

Le point est finalement reporté. La Région et le ministre concerné ont octroyé aux élus un délai supplémentaire d’un mois avant de se prononcer. Le collège dit vouloir mettre ce temps à profit pour consulter les citoyens, leur expliquer les enjeux de ce changement et, surtout, tenter de les rassurer sur un fait: leur logement, fût-il léger, ne sera pas déclaré du jour au lendemain illégal.

La conseillère Écolo Chantal Leroy, qui réside au camping, dans un logement modifié sans permis d’urbanisme, n’a pas la même lecture du point. Elle s’oppose à ce report de dernière minute parce qu’elle a des choses à dire avec énergie et qu’elle soupçonne une manœuvre fallacieuse de dissimulation d’informations inquiétantes voire traumatisantes.

Pour l’élue Écolo, la mutation de la zone de loisir en zone d’habitat vert déclarera automatiquement comme illégales un certain nombre de constructions précaires et obligera leurs propriétaires à se régulariser, sous peine de poursuites judiciaires.

Le 1er échevin Robert Joly, de gauche comme chacun sait, et qui s’est toujours battu avec ses camarades pour rendre dignité à ces exclus, ne supporte pas ce procès ridicule et mensonger à l’encontre du collège. Et laisse exploser sa colère: «Arrêtez votre désinformation sur les réseaux sociaux, ça suffit» dit-il en substance, hors de lui.

Le bourgmestre Yves Delforge n’autorise pas Chantal Leroy à se défendre de l’accusation d’être finalement une agitatrice toxique au vivre ensemble. Pour lui aussi, ça suffit, ces insinuations malveillantes voire malhonnêtes.

«Ce refus du débat et du droit de réponse me choque» nous écrira-t-elle quelques heures plus tard, mais sans en démordre sur le fond: le collège joue un double-jeu et n’ose pas communiquer sur le fait que, sitôt repris en zone d’habitat vert, les propriétaires devront se battre avec l’administration pour recevoir un permis d’urbanisme rétroactif ou, s’ils refusent, seront contraints de laisser démolir leur logement et de partir.

Quoi qu’il en soit, les positions de celle-ci à voir le mal partout et à le dénoncer lasse et même agace le conseil communal qui n’y voit que du théâtre pour faire exister politiquement Chantal Leroy.

«Ces citoyens sont arrivés il y a longtemps dans ce camping, poussés par un état de nécessité. Leur droit d’y rester est acquis» explique Robert Joly en marge du conseil.

En outre, le délai raisonnable pour déclarer leurs constructions illégales, certaines effectivement bancales, inachevées et peu esthétiques, érigées avec les moyens du bord, serait dépassé.

Sur la quarantaine de parcelles recensées, seules 12 seraient vraiment litigieuses. Il y aura sans doute des formules de régularisation à trouver mais le 1er échevin entend défendre avec âpreté et persévérance le droit de ces citoyens. Il est formel sur un point: «Aucun logement ne sera détruit. Aucun.»

Un tyrannosaure rex fait fuir les semeurs de culture

La culture semée à Mettet le sera désormais aux risques et périls de ses semeurs. «L’open bar financier, c’est fini.»

L’ex-échevin de la Culture, Claude Boussifet (ex-MR filé chez ICAP), a posé la question à sa successeur Isabelle Doneux. Depuis un an, qu’est devenue la culture sous son autorité? Le mandataire se fait le porte-parole des semeurs de culture, désormais mis au pied du mur: «Vous semez de la culture, très bien, mais vous en assumez les risques et d’éventuelles pertes financières.» Les semeurs sont en outre déçus de ne pas avoir pu organiser les Médiévales.

Rectification de l’échevine: «On leur accordait un subside de 5000€, à condition d’accorder la gratuité aux enfants des écoles et de prévoir des activités didactiques. Mais ils ont refusé de se responsabiliser par rapport au risque d’un déficit.» Et de poursuivre que le collège n’a pas vocation à organiser des événements culturels mais plutôt à soutenir des projets citoyens.

Par exemple, la Commune soutient, par un subside (10 000€), le comité organisateur du centième anniversaire de l’Armistice, à Oret. «Nous avons écouté et rassemblé les citoyens-acteurs de cet événement majeur et décidé de les subventionner dans le cadre d’une convention claire.»

Cela ne se passait pas ainsi sous l’échevinat de Claude Boussifet: «Avant, les semeurs de culture -, dont l’échevin faisait partie (confusion de rôles?) –, utilisait l’argent public sans contrôle des dépenses et sans gestion de caisse.» Quand les dépenses ont dérapé, le pouvoir public a dû éponger le déficit.

Claude Boussifet ne se satisfait pas de la réponse. «Des bénévoles ont mis en route des projets, présentés en 2017 (même une conférence sur les dinosaures), et ils ont été soit abandonnés soit annulés, en pure perte pour eux.»

Claude Boussifet est critique, on a selon lui découragé les bonnes volontés. On a abandonné les projets sans leur dire clairement.

Seconde mise au point de Robert Joly, très claire: «Si les dinosaures sont à la mode, moi, je suis le tyrannosaure rex. Nous avons prêté serment le 27 mars après avoir imposé une exigence: la clarté. La fin de la confusion dans les rôles. Si des citoyens tels que les semeurs veulent organiser ceci ou cela, c’est sous leur responsabilité. On établit une convention et un cahier des charges strict. Mais le droit de tirage (d’argent) sur le dos de la commune et sans contrôle de rien, c’est fini…»

Lecocq n’est plus ICAP

Scène de ménage au sein du groupe ICAP. Le plus jeune conseiller de l’assemblée, Adrien Lecocq, a été, certes poliment, dégagé de la liste qui s’engagera dans la bagarre électorale. Viré. Son cousin, Jean-Benoît Ruth, fils de Jacques – (un dinosaure de la politique locale qui s’en va) -, qui habite Biesmerée, lui a été préféré. Le nom Ruth, associé depuis 40 ans à la politique locale, a été jugé plus porteur, ce qui n’est pas faux. Le bourgmestre Yves Delforge n’a pas pu passer cette déchirure intestine sous silence, le jeune élu, légitimement déçu voire fâché, ayant décidé de quitter le groupe ICAP. Le conseil en a donc publiquement pris acte. Adrien Lecocq siégera comme indépen-dant jusqu’à la fin de la législature. Seul le MR réagit, par la voix de Valère Toussaint: «Nous ne voulons rien savoir du fond de cette histoire mais c’est juste dommage. C’est le plus jeune élu et le voilà déjà démotivé de la politique. Quelle triste et mauvaise image» Le mayeur invite les groupes à balayer devant leurs portes. Le jeune Adrien, lui, privé d’élection, ne doit plus porter dans son cœur tonton Jacques et son cousin Jean-Benoît. S’il doit y avoir tristesse, elle est là, dans cette déchirure familiale.

Hourra au CPAS

Le gentil président du CPAS, Franz Coppens, en a presque fait un cumulet. Le compte 2017 du CPAS est en boni. Hourra. Champagne. Sauf qu’Andréa Gagliardi (Gérer autrement) ne comprend pas ce satisfecit. «Je t’entends dire que c’est difficile et lorsque tu présentes le compte, tu sembles t’exclamer d’être en boni. Je suis surpris que tu veuilles gérer le CPAS comme une entreprise.» Le mayeur à la rescousse du président: «Cela veut dire que la dotation communale est totalement accordée aux besoins sociaux de Mettet. Ils ont assez d’argent, voire trop, mais on laisse toujours une marge d’erreur. Ce n’est pas pour ça qu’on doit donner à tous ceux qui tendent la main. Il y a des enquêtes à mener et des choix à faire.»

 

Dans l’ex-camping du Lac, caravanes et constructions litigieuses vont passer en zone d’habitat vert. Mais avec quelles conséquences pour les résidents? ÉdA – 302167150369

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