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Des pressions psychologiques néfastes

30 juin 2017
Pierre Wiame
L'Avenir
Régions Basse-Sambre - vendredi 30 juin 2017

Deux nouveaux hangars de stockage de pommes de terre à Graux? Le collège, à ce stade, rejette unanimement le projet, pour sa démesure.

À Graux, le projet d’un agriculteur céréalier, Thomas Cnockaert, de bâtir deux nouveaux hangars de stockage de pommes de terre, à côté de deux déjà existants, ne franchira pas le niveau communal. Le collège vient de le frapper d’un rapport extrêmement défavorable et hyper-motivé.

En gros, selon le collège, cette activité-là de stockage de pommes de terre, à la lisière du village, n’a rien à faire là. Elle est incompatible avec la ruralité

Ce sensible dossier avait déjà été recalé en première lecture par le fonctionnaire-délégué à l’urbanisme. Le demandeur avait tenu compte des remarques et apporté des corrections. Mais, pris dans son ensemble, ce projet reste inadapté au caractère rural et champêtre de Graux, déjà fort sacrifié à la cause de l’agriculture.

L’opposition citoyenne reflète sa démesure: 71 riverains ont réagi dans le cadre de la seconde enquête publique, disant combien ces deux nouvelles superstructures impacteraient leur cadre et qualité de vie.

Le collège épingle une pollution sonore, tant diurne que nocturnes, liée à l’utilisation de lourdes machines et d’équipements techniques de type industriel: ventilation, chaîne de lavage et de triage des pommes de terre etc.

Le stockage de plusieurs milliers de tonnes de pommes de terre suppose à un moment donné leur transport par camions à gros tonnage. Pour le collège, le charroi s’écoulera par le centre du village sur des voiries inadaptées à un tel trafic, et générera autant de bruit que de danger pour les enfants.

C’est l’un des arguments-phare des riverains: pour eux, le projet sort de l’activité agricole pure rythmée par les saisons, il est de nature industrielle par son exploitation permanente et, à ce titre, doit être développé dans une zone économique spécifique.

Son impact sur le paysage serait également désastreux, comme le sont déjà les deux premiers hangars, générateurs eux aussi de nuisances qui ne sont pas résolues à ce jour.

On apprend par ailleurs que le jeune céréalier, avant de jeter les bases de son projet à Graux, le village de son enfance, a tenté de le faire accepter par la commune voisine d’Anhée, en l’ancrant à Denée. Mais le bourgmestre lui a opposé un non catégorique.

Parmi la trentaine de motivations, le collège en pointe une, plus déplorable: le demandeur a fait usage dit-il de pressions psychologiques néfastes sur le village, de porte à porte, ce que les riverains ont rapporté. Selon lui, cette opposition émanerait d’une minorité hostile à sa famille. Pour les riverains, ces pressions révèlent un comportement de «seigneur» du lieu sur ses terres, au motif qu’on ne peut rien refuser aux agriculteurs qui ensemencent et nourrissent la population.

Le rapport communal défavorable se retrouve à présent dans le camp du fonctionnaire-délégué à l’urbanisme, à Namur, afin qu’il remette lui aussi son avis. Il reviendra ensuite à Mettet où le collège, indépendamment de cet avis, prendra une décision définitive. Il peut suivre comme ne pas suivre ce second avis.

Si le projet est refusé, le demandeur pourra, sur recours, en appeler au ministre compétent, Carlo di Antonio (cdH). Les riverains conserveront également cette faculté d’épuiser tous les recours possibles, jusqu’au Conseil d’État.

Ce dossier sensible n’est pas sorti de l’auberge.

Faut-il ajouter deux nouveaux hangars aux deux déjà existants? Pour le collège, c’est non.-ÉdA – 301450049857

Faut-il ajouter deux nouveaux hangars aux deux déjà existants? Pour le collège, c’est non.-ÉdA – 301450049857