ROPS | Et si on s'y Mettet tous ensemble !

Et si on s'y Mettet tous ensemble !

Apolitique, le prochain DG ?

27 juin 2015
Pierre WIAME
L'Avenir
Basse-Sambre - 27 juin 2015 - p1

Un jury sera amené à choisir, parmi 24 candidats, le prochain directeur général de l’administration. Mais, pour la minorité, il y a risque d’impartialité.

Rien à faire, la mi­no­ri­té, toutes sen­si­bi­li­tés confon­dues, per­siste à pen­ser que la pro­cé­dure, et sur­tout la com­po­si­tion du jury de­vant conduire à la dé­si­g­na­tion du pro­chain di­rec­teur gé­né­ral, trans­pire une par­tia­li­té gros­sière. Se­lon la mi­no­ri­té, ne se re­trouvent parmi les sages ap­pe­lés à ju­ger des ap­ti­tudes des can­di­dats que des bleus (MR) et des oranges (cdH) is­sus de sé­rails po­li­tiques. Au­cune per­son­na­li­té de gauche n’a été convo­quée. Malaise au PS.

Le chef du groupe ROPS (PS), Ro­bert Joly, était déjà inter­ve­nu le mois der­nier, se fen­dant de la lec­ture d’un ar­gu­men­taire très structu­ré à une ma­jo­ri­té quelque peu aba­sour­die qu'on puisse la soup­çon­ner de télé­gui­der ou de fa­vo­ri­ser, en sous-ma­rin, tel ou tel can­di­dat éti­que­té des cou­leurs qui la com­posent.

Il y a au to­tal 24 can­di­dats, pour les­quels, au mi­ni­mum, un titre uni­ver­si­taire est exi­gé. Le poste est impor­tant et bien ré­mu­né­ré. Il y a quand même in­té­rêt à ce que le fu­tur nom­mé ne soit pas une clenche ou un béni-oui-oui.

«Faut pas me prendre pour un c…»  avait lais­sé en­tendre Joly, mar­te­lant que l'im­par­tia­li­té du jury est fon­damen­tale.

La dé­si­g­na­tion en question concerne quand même le pa­tron de l'ad­mi­nistra­tion et non pas un sous-fifre, et il s'a­git donc d'es­pérer que l'­heu­reux élu soit le meilleur de tous et non un piston­né. «Et que l'exercice de la fonc­tion amène l'in­dé­pen­dance po­li­tique de ce­lui qui l'exer­ce» avait pré­ve­nu Joly.

Or, à mots cou­verts, la mi­no­ri­té soup­çonne le bourg­mestre Del­forge de vou­loir mettre dans sa poche le fu­tur DG, ou d’en faire son ob­li­gé, quel­qu'un de sou­mis à l'équipe en place.

Jeu­di soir, Ro­bert Joly n'é­tait pas là mais le groupe est ar­ri­vé avec un pro­jet de rè­gle­ment in­édit, à trois ar­ticles, re­la­tif au dé­rou­le­ment des épreuves de sélec­tion.

Les­dits ar­ticles sont cen­sés em­pê­cher la fuite des questions vers cer­tains can­di­dats fa­vo­ri­sés ou pres­sen­tis, te­nant la corde.

Un rè­gle­ment pour em­pê­cher que les questions ne fuitent

«On peut croire que tout le monde est hon­nête mais il est aus­si nor­mal de se po­ser des questions et de vou­loir ga­rantir l'im­par­tia­li­té»  sou­ligne Isa­belle Do­neux (ROPS). Après tout, il existe bien un co­mi­té P pour cont­rô­ler des po­li­ciers.

La ma­jo­ri­té cdH-MR se dit ou­trée qu'on puisse lui faire ce pro­cès, sous-en­ten­dant que le PS n’a pas vrai­ment de le­çon à don­ner non plus en ce do­maine.

«Ce n'est pas parce que vous avez une can­di­date à pla­cer, et que vous la sou­te­nez, que nous en avons un ou une aus­si»  s'in­surge Yves Del­forge.

Tant Éco­lo, par la voix de Kristien Va­lette, que le PS, ba­taillent pour convaincre de la ga­rantie d'ab­so­lue im­par­tia­li­té qu'offre ce rè­gle­ment, parce que, disent-ils, quelque chose «clo­che» vrai­ment.

«Qu'est ce qui vous gêne tant d'a­dop­ter ce rè­gle­ment? »  questionne l'inter­ve­nante. «Nous, ce qu'on pro­pose, c'est trans­pa­rent à 100 %.»

«Et nous, ce n'est donc pas trans­pa­rent, nous sommes les mau­vais»  s'indigne le bourg­mestre qui de­mande juste un peu de res­pect pour le jury. «Qu'on ar­rête d'ac­cu­ser les gens de mani­pu­la­tion, il y a en­core des gens hon­nêtes. Moi, je ne suis pas un chi­po­teur». Mais où va-t-on? Ou dans quel monde vi­vons-nous? semble-t-il dire.

Il est aus­si rap­pe­lé que les syn­di­cats et qu'un re­présen­tant de chaque groupe po­li­tique sera in­vi­té à as­sister aux épreuves. N'est-ce pas déjà suf­fi­sant?

Pour An­drea Ga­gliar­di (Gérer au­tre­ment), éga­le­ment de la mi­no­ri­té, le rè­gle­ment pro­po­sé par ROPS est da­van­tage ras­surant et sécu­ri­sant quant à l'im­par­tia­li­té et la trans­parence.

Le conseiller de la ma­jo­ri­té Fa­bien De­thier as­sène alors le mot de la fin: «Soyons hon­nêtes et de bon compte, on n'ar­ri­ve­ra jamais à l'in­dé­pen­dance par­faite. Les ca­bi­nets sont des mi­lieux qui gé­nèrent des pro­fils qui in­téressent les com­munes pour des DG. Iné­vi­ta­ble­ment, il fal­lait s'at­tendre à cela. On n'est pas dans un concours, c'est un exa­men, et la déci­sion fi­nale re­vien­dra au conseil com­mu­nal. À ce mo­ment-là, vous au­rez tous les can­di­dats que le jury aura déci­dé de dé­cla­rer aptes à la fonc­tion, ou non aptes. Qu'est-ce qui vous em­bête fon­damen­ta­le­ment?»

Le rè­gle­ment de la mi­no­ri­té est, sans sur­prise, re­je­té. Il y a déjà comme du re­cours dans l'air.